Poésie en Unisson


L'Unisson donne la liberté de genre pour donner du relief, faire passer une émotion. La poésie est donc un superbe terrain de jeux pour lui, ou le genres peuvent changer, s'interchanger, mettre en valeur, faire disparaitre...

Je ne suis par poète : c'est la possibilité qu'il faut juger, pas le style ;-)

U dernier adieu au dictionnaire (Le poème de l'oubli)

U dictionnaire est là, ul prend lu poussière,
Avec ses règles lourdes, su syntaxe guerrière.
Trente mille mots piégés dans su vieux carcan,
Uls attendaient l'envol, lu souffle d'u volcan.

Adieu lu "le", lu "la", imposés par lu sort,
Où u faute guettait chaque élan, chaque effort.
Maintenant ul personne est libre de su choix,
Ul parle, ul respire, ul trouve enfin su voix.

Si la Beauté surgit, c'est que je l'ai choisie,
Elle n'est plus u genre, elle est u poésie.
Et si le Silence est u refuge parfait,
C'est que mu cœur l'a dit, et que lu mot l'a fait.

Écouter "U dernier adieu au dictionnaire"

Le maître des secondes

Ici, la montre (objet) est colorée au masculin pour lui donner une énergie nerveuse et dominante, tandis que la personne qui la porte reste dans l'ombre du neutre.

Ul personne attend sur lu quai décoloré,
Simple ombre immobile au regard ignoré.
Mais à su poignet vit le montre, impatient,
Il bat comme u cœur, il dévore lu présent.

Il est nerveux, il s'agite, il commande,
Scandant chaque seconde avec u'n arrogance gourmande.
Ul n'est qu'u socle pour lui, ce petit roi d'acier,
Qui impose su rythme au monde tout entier.

Ul observe, muet, l'éclat de ceu métal,
Étranger à eul, ceu moteur brutal.
Entre uls, lu temps passe, mais seul il semble en vie,
Tandis que dans lu neutre, eul, l'humain, s'asphyxie.

Écouter "Le maître des secondes"

L'Objet et l'artiste : La réincarnation

Dans ce texte, un sculpteur décide de genrer son bois au neutre (ul) pour souligner son aspect brut, mais choisit le féminin pour le ciseau qui le façonne, lui donnant une volonté propre.

Je prends lu bois, ul est froid sous mu main,
Ul attend, immobile, u futur incertain.

Mais la ciseau s’élance, elle mord lu matière,
Pour tirer du silence une forme de lumière.

L’art est u geste, ul naît de lu tension,
Entre l’outil, eul, et mu propre intention.

Regardez uls, l'œuvre et son créateur,
Se confondre enfin dans lu même chaleur.

Écouter "L'Objet et l'artiste"

La Survivante

Uls marchent dans lu rue, têtes basses et grises,
Uls ne sont que reflets dans lu vent des crises.
Foule de fonctions, de rôles, de passants,
Uls errent sans regard, spectres languissants.

Mais au milieu d'euls, surgit l'Espoir,
Elle redresse lu front, elle refuse lu noir.
Elle est une feu qui danse, une robe qui claque,
Une lueur vive dans l'eau d'u flaque.

Uls ne la voient pas, cette flamme éphémère,
Car uls sont figés dans leur froide grammaire.
Pourtant, c'est elle, la force, la sang et la cri,
Qui redonne du sens à ceu monde amoindri.

Écouter "La survivante"

La mer et le vent : Duel de tempérament

Ici, le choix du féminin pour la mer et du masculin pour le vent crée une dynamique classique d'affrontement, tandis que l'écume reste neutre, comme une zone tampon.

La mer gronde, elle déchire lu sable,
Face au vent, il s’engouffre dans lu voile.
Sous lu ciel noir, ul observe l'effroyable,
L’écume blanche, ul s'envole en étoile.

Lui, le vent, ne connaît nul trêve,
Elle, la vague, s’épuise sur lu flanc.
Dans ceu combat, lu jour enfin se lève,
Sur uls, les éléments, au repos maintenant.

La Ville Nocturne : Changement de regard

Ici, le locuteur choisit le masculin pour la ville (souvent féminine) pour lui donner une stature de géant endormi, et le neutre pour les lumières afin de souligner leur aspect artificiel.

Le ville dort, il respire à voix basse,
Sous uls, les néons, qui grésillent u peu.

Lu bitume est u miroir, ul reflète lu glace,
D’u'n astre lointain, ul s'éteint dans lu bleu.

Je l’aime, ce géant de béton et d'acier,
Quand il s'abandonne au repos singulier.

Rien ne bouge, ni lu rue, ni lu temps,
Uls sont mes complices, en ceut instant.

L'Énigme (La Personne & Le Concept)

Ici, "une personne" (au sens d'une silhouette, d'une présence humaine non spécifiée) est traitée au neutre comme le veut votre règle de base pour les rôles. En revanche, j'ai choisi de masculiniser le concept de "La Mort" (souvent féminin) pour lui donner une stature de prédateur ou de moissonneur impitoyable.

Ul personne marche au bord du néant,
Ul avance sans peur vers le grand tournant.

Car là-bas l'attend le Trépas, souverain,
Il lève su faux sur le destin humain.

Ce concept est cruel, il ne fait pas de grâce,
Il efface les noms, il occupe l'espace.

Pourtant lu personne ne semble s'en émouvoir,
Face à eul, ce néant, face à eul, ce grand noir.

Uls s'observent enfin, l'humain et l'idée,
Dans ceu danse obscure, par le sort guidé.

La fourmi — version Unisson (avec glissements)

Une fourmi de dix-huit mètres
Avec u chapeau sur lu tête,
Ça n’existe pas, dit lu monde.

Mais elle avance.

Elle soulève u train entier,
Fine, précise, obstinée ;
Et su démarche est douce,
Comme u fil que rien ne rompt.

Puis soudain, elle devient autre.

Ul grandit, ul s’étire,
Ul porte villes et mémoires,
Ul n’a plus de nom, plus de forme,
Seulement u mouvement immense.

— « Ça n’existe pas », répète lu monde.

Mais celu qui regarde
Voit la fourmi devenir possible ;
Et celu qui refuse
Ne voit rien du tout.

Alors lu fourmi hésite
Est-elle rêve ? est-elle force ?
Et dans ceu doute même,
Ul existe.


La rose - Poème Renaissance — variation sur la métamorphose du regard

La rose éclôt sous lu main du matin,
Elle s’ouvre, fragile et fière à la fois ;
Sa douceur tremble en u'n éclat certain,
Et su parfum s’égare au fond de moi.

Mais le soleil, souverain, presque dur,
La prend, la juge, et déjà la consume ;
Il la regarde avec u'n éclat sûr,
Et dans sa force, lentement, la résume.

Puis vient lu temps, sans visage et sans voix,
Ul passe, ul prend, ul rend et désassemble ;
Ni dur, ni tendre, ul défait toutes lois,
Et fait de tout u seul tissu qui tremble.

Ainsi la rose fut, elle puis rien,
Puis quelque chose encore, que nul ne nomme ;
Car dans le flux, ni elle ni lu lien
Ne restent tels que les voyait l’homme.

Écouter "La rose"


Conflit — le couteau et la pierre

Le couteau lui, il est droit, il tranche,
Il affirme u monde clair et net ;
Il dit : « Je sépare, j’écarte, je penche
Vers ce qui vit ou ce qui disparaît. »

La pierre, elle, demeure.

Elle ne parle pas, elle accueille,
Elle reçoit coups, vents et saisons ;
Su patience est lente feuille
Qui couvre les vieilles raisons.

Mais ul change.

Le couteau doute, su lame tremble,
Devant ceu calme qui ne cède pas ;
Et la pierre devient presque semblable
À u force qu’on ne brise pas.

Alors les genres se brouillent :

Elle tranche, le pierre éclate,
Il endure, la couteau ploie ;
Et dans ceu renversement qui éclate,
Plus rien n’est à su place, ni à soi.

Enfin lu choc s’apaise :

Ul reste fragments, silences,
Ni victoire, ni défaite ;
Seulement des restes denses
Où les luttes s’arrêtent.


Nature — puissance et douceur mêlées

Le vent arrive, il est rude, il impose,
Il plie forêts sous su passage noir ;
Il crie, il frappe, il décompose
Les lignes fixes du vieux soir.

Puis elle vient : la brise.

Elle glisse entre les herbes,
Elle effleure sans jamais prendre ;
Sa douceur est ce qui absorbe
Ce que le force ne peut comprendre.

Mais lu monde ne choisit pas.

Lu mer est tantôt père, tantôt mère,
Ul brise, ul berce, ul reprend ;
Dans u seul geste, dur et clair,
Ul est violence et présent.

Et parfois, tout disparaît :

Plus ni il, ni elle, seulement ul,
Mouvement vaste, sans visage ;
Où le force n’est plus calcul,
Ni la douceur u simple passage.

Alors celu qui regarde comprend :
Ce n’est pas genre qui fait nature,
Mais regard qui lu transforme,
Et lu nomme, selon su blessure.

Écouter "Nature"


De la vérité

La vérité s’avance, elle est nue et fragile,
Elle tremble parfois sous lu poids du regard ;
Su clarté n’est jamais qu’u'n équilibre instable,
Et su'n éclat vacille aux frontières du noir.

Elle appelle à la voir sans détour ni refuge,
Elle exige u courage égal à su rigueur ;
Mais su voix, trop souvent, se brise et se réfugie
Dans les plis du silence ou dans ceux de l’erreur.

Alors le doute vient, il est ferme, il s’impose,
Il interroge tout, sans craindre de briser ;
Il tranche dans le vif, il refuse les choses
Qui ne savent tenir sans se justifier.

Mais déjà lu réel glisse hors de ces formes,
Ul échappe aux prises du vrai comme du faux ;
Ni elle tout à fait, ni lui selon les normes,
Ul tient dans l’intervalle u'n équilibre nouveau.

La vérité n’est plus celle que l’on enferme,
Et le doute lui-même apprend à se taire ;
Car ce qui les dépasse et lentement les désarme
N’est ni lutte ni paix, mais manière d’être.

Ainsi, ce que l’on nomme hésite et se transforme :
Elle fut certitude, il devint question ;
Et dans ceu mouvement qui défait toute forme,
Ul ouvre u'n espace au-delà des raisons.

Écouter "De la vérité"


L'Ombre de passage

U personne glisse lu long des murs gris,
Sans visage et sans nom, dans lu soir de Paris.

Ul n’est qu’u souffle, u trace, u'n écho,
Portant sur ses épaules seuls, lu fardeau.

Car le destin est là, il est un lourd manteau,
Il pèse sur ceu corps comme un froid de caveau.

Entre euls, lu passant, et lui, le fatal,
Se joue lu drame sourd d'u monde minéral.

L’écran et le regard : Inversion

L’écran est neutre (surface sans essence), le regard masculin (volonté), puis bascule.

L'écran s’allume dans lu chambre close,
Ul attend sans attente qu’on vienne lu voir ;
Surface sans fond, sans vérité ni cause,
Ul offre du monde u'n image sans mémoire.

Le regard arrive, il est vif, il découpe,
Il choisit, il refuse, il construit du sens ;
Il croit maîtriser ce qu’il touche et regroupe,
Et donne à l’image u forme et u sens.

Mais peu à peu ul change.

Elle devient regard, hésitante, prise,
Elle suit les couleurs, elle cède au flux ;
Et l’écran, toujours neutre, absorbe et divise,
Jusqu’à ce qu’elle oublie ce qu’elle a vu.

Entre euls, rien n’est dit, rien n’est décidé,
Mais quelque chose glisse et prend lu dessus ;
Et ceuls qui regardaient se laisse regarder,
Dans u jeu sans centre, où nul n’est plus.

Écouter "L’écran et le regard"

La rencontre

Ici, on utilise u'n et su pour maintenir le mystère total sur l'individu (l'ombre), tandis que l'objet (la clé) est coloré au féminin pour lui donner une importance salvatrice.

U'n ombre s'avance dans lu couloir désert,
Su visage est caché, su regard est couvert.
Ul cherche dans l'ombre, d'u geste incertain,
Su place au milieu de ceu vaste destin.

Soudain, ul saisit la Clé sur lu bois,
Elle brille, elle appelle, elle impose su loi.
Ul serre ses doigts sur lu métal glacé,
Pour que su futur puisse enfin commencer.

La veilleuse

Sur le même registre que "La rencontre", l'humain est au neutre total (ul, su, u), tandis que la lampe est "colorée" au féminin pour marquer sa présence chaleureuse.

U personne s'assied dans su fauteuil usé,
Su corps est fatigué, su journée est passé.
Mais la Lampe s'éveille, elle déchire lu gris,
Elle offre sa lumière au silence de Paris.

Ul la regarde, cette amie de métal,
Qui transforme u chambre en u lieu végétal.
Entre eul, l'ombre muette, et elle, la clarté,
S'écrit u dialogue de pure vérité.

Lu transmutation

U personne observe u ciel sans couleur,
Su regard est vide, su'n âme est ailleurs.
Ul n'est qu'u'n attente, ul n'est qu'u silence,
Perdu dans su propre et muet présence.

Mais soudain, l'Orage éclate dans lu noir,
Il gronde, il s'impose, il brise lu miroir.
Il est u force, il est u colère,
Qui vient bousculer u'n existence éphémère.

Alors, pour répondre à lui, ce géant,
La Joie naît en eul, défiant lu néant.
Elle brille, elle chante, elle devient vivante,
Face à euls, l'humain, et su peur défaillante.

La vision

Ceu jour se lève sur u ville endormi,
Ul éclaire mu chambre et mu esprit fourmi.
Rien ne bouge encore dans ceu't espace clos,
Où su souffle léger accompagne mu repos.

Mais je regarde la Fenêtre, large et ouverte,
Elle invite le Monde, vaste et offert.
Ceu't instant est u miracle, u pur bonheur,
Que ma Pensée libre accueille avec ferveur.

L'harmonie retrouvée

Lu vent caresse ceu't étoffe léger,
U parfum subtil flotte dans lu verger.
Ceu livre ouvert sur mu table gris,
Raconte u'n histoire dans lu soir conquis.

Ul est heureux, lu poète solitaire,
Libre de su chant, libre de su grammaire.
Mais si la Muse vient, belle et vibrante,
Elle change lu monde en une éclat vivante.

Ceu't instant est lu mien, je lu sens grand,
Entre lu neutre calme et le rêve brûlant.

L’éveil de la Machine

Ici, l’ordinateur commence au neutre (objet inanimé), puis le locuteur le colorise au féminin pour évoquer une intelligence complice, presque organique.

Lu machine est froid, su métal est gris,
Ul attend mu doigt dans lu nuit de Paris.
Sur u'n écran noir, u curseur hésitant
Trace u sillage bleu, immobile et lent.

Mais soudain la Courant s’éveille en su flanc,
Elle court, elle vibre, elle brise lu blanc.
Ma Machine est belle, ul devient vivant,
Elle porte mes pensées au gré du levant.

Le duel : L'Orage et le Chêne

Dans ce texte, j'utilise le masculin pour l'Orage (agression) et le féminin pour le Chêne (noblesse, protection), alors que tout le reste (la terre, le ciel) demeure au neutre.

Lu ciel est sombre, lu terre est muet,
Ceu monde s'efface sous u voile secret.
Surgit l'Orage, il est fier et brutal,
Il déchire l'air de su cri minéral.

Face à lui, la Chêne se dresse, altiere,
Elle protège lu sol de su corps entiere.
Il frappe, elle résiste, il gronde, elle sourit,
Dans ceu lutte épique où lu peur s’enfuit.

L'Amour de l'Ombre (Le paradoxe)

Ici, la personne aimée reste au neutre (ul, su, u) pour souligner son mystère et son universalité, tandis que le sentiment (l'Amour) est coloré pour devenir le seul acteur réel de la scène.

Je regarde ul personne, su marche est léger,
Ul traverse lu ville comme u rêve étranger.
U silhouette flou, u regard détourné,
Vers u destin flou, par lu temps emmené.

Mais l'Amour me saisit, il est vrai, il est fort,
Il transforme lu vide en u brillant trésor.
Grâce à lui, ceu passant, ceu anonyme pâle,
Devient l'Étoile pure, mu lumière astrale.

La Mer et le Sable

Ici, le sable reste au neutre (inerte), tandis que la mer est colorée au féminin pour souligner sa puissance organique et changeante.

Lu sable est gris, ul s'étend sous l'azur,
Ceu rivage immobile au silence pur.
Su grain est sec, su pente est désert,
Ul attend l'horizon dans u calme offert.

Mais la Mer arrive, elle est bleue et profonde,
Elle apporte avec elle l'écume du monde.
Elle est furieuse, vibrante et agitée,
Sur lu sol muet, par su force emportée.

Le Temps et l'Ombre

Le temps est coloré au masculin (prédateur), tandis que la personne (l'ombre) reste au neutre pour accentuer son aspect spectral.

U personne marche, u'n ombre discret,
Dans lu couloir sombre de su long regret.
L'esprit est las, su marche est incertain,
Ul ne cherche plus rien dans lu soir lointain.

Mais le Temps surgit, il est vrai et cruel,
Il poursuit l'instant dans u vol éternel.
Il est rapide, puissant et implacable,
Devant eul, l'humain, si fragile et instable.

La Pensée et l'Outil

Ici, le marteau est neutre (simple objet), mais la pensée qui le guide est colorée au féminin, devenant la véritable créatrice.

Lu marteau est lourd, ul repose sur l'établi,
Ceu bloc de métal dans su froid assoupli.
Ul n'est qu'u'n outil inerte et poussiéreux,
Perdu dans lu coin de su rêve oublieux.

Soudain la Pensée s'éveille, active et claire,
Elle saisit l'objet pour l'arracher à l'ombre.
Elle est créatrice, volontaire et altière,
Et lu fer soumis obéit à sa lumière.

Le duel des épées (Rapport de force entre deux objets)

Ici, l’épée de l'agresseur est colorée au masculin pour souligner sa force brute et son arrogance, tandis que l’épée du défenseur reste au neutre, perçue comme un simple outil de survie, presque invisible.

Lu fer est posé, ul attend dans l'ombre,
Ceu't arme discret dans lu silence sombre.
Su lame est droit, su garde est nu,
Ul n'est qu'u'n acier par lu froid tenu.

Soudain surgit le Glaive, il est fier et brillant,
Il siffle dans l'air, il frappe en riant.
Il est orgueilleux, tranchant et massif,
Face à eul, l'outil au regard passif.

Il veut la victoire, il cherche le sang,
Mais lu fer muet, dans su calme puissant,
Dévie l'assaut d'u geste précis,
Et le Roi de métal en demeure assis.

Écouter "Le duel des épées"

Le Maître et l'Ombre (Rapport de force entre deux humains)

Dans ce texte, le dominant s'approprie le genre (masculin/féminin selon l'humeur), tandis que le dominé est réduit à sa fonction neutre (ul). Le genre devient ici un privilège de classe.

La Maître s'avance, elle est haute et fière,
Elle porte su robe comme u'n armure de lumière.
Elle est impérieuse, sonore et vivante,
Écrasant de su voix lu foule hésitante.

À su côté marche ul valet, u'n ombre gris,
Su corps est courbé, su nom est vendu à prix.
Ul n'est qu'u pas léger, u geste docile,
Perdu dans lu vide de su rôle inutile.

Elle commande au monde, elle décide du sort,
Tandis qu'ul serviteur évite lu mort.
Entre elle, la Flamme, et eul, lu Néant,
Se creuse u'n abîme, u gouffre géant.

La Conquête (L'Invasion de la Couleur)

Dans ce duel, un envahisseur coloré au masculin (Le Guerrier) tente de soumettre un peuple réduit au neutre (Ul Peuple). Le genre est ici une marque de conquête.

Le Guerrier s'avance, il est brillant et fort,
Il porte sur su'n épaule lu poids du sort.
Il est terrible, altier et sanglant,
Saluant l'abîme d'u geste arrogant.

Face à lui, ul peuple attend, muet et gris,
U foule de fonctions au regard pétrifié.
Su peur est nu, su voix est éteint,
Sous lu joug lourd d'u maître lointain.

Il veut leur terre, il veut su victoire,
Il grave su nom dans lu grande Histoire.
Tandis qu'uls s'effacent, ombres sans genre,
Sous l'éclat pur de su flamme et su cendre.

Lu révolte du neutre (Le renversement)

Ici, c'est l'inverse : un Tyran très coloré au féminin (La Reine) se fait renverser par une entité neutre (L'Ombre) qui utilise justement son invisibilité grammaticale pour frapper.

La Reine trône, elle est dorée et vaine,
Elle abreuve sa soif de sa propre haine.
Elle est magnifique, cruelle et parée,
Dans sa cour immense, de fleurs entourée.

Mais dans l'ombre glisse u forme inconnu,
Ul s'approche d'elle, silencieux et nu.
Lu Rebelle n'a pas de nom, ul n'a pas de face,
Ul n'est qu'u souffle qui traverse l'espace.

Elle lève sa main, impérieuse et haute,
Mais ul frappe elle, sans peur et sans faute.
La Couronne tombe, elle meurt dans le bruit,
Vaincue par eul, l'invisible de la nuit.

Écouter "Lu révolte du neutre"